Saturday, May 17, 2008 :: 07:18 p.m.
C'est le premier article dans ce blog secondaire.
Je n'aime pas m'étendre dans la sphère internet, en fait je privilégie la qualité à la quantité. Mais je viens de me rendre compte (enfin si je m'en étais rendue compte bien avant) que mon autre blog était bien trop personnel et parfois trop intime.
Celui-ci se dirigera plutôt vers des observations, certes personnelles, mais à valeur plus interpersonnelle.
Vous n'avez jamais remarqué combien le courage parfois nous manquait ? j'ai eu cette réflexion récemment, et ceci de plus en plus souvent. Faut-il être dans une situation critique pour retrouver le courage qui nous donne l'impression phénoménale d'être au "plus haut de soi même"? de se retrouver soi-même, de retrouver son soi-même le plus généreux (dans le sens du 17ème siècle, si je ne me trompe).
Sinon, nous sommes des loques. Des gens paresseux, non décidés, qui ne savent pas, à la différence d'Epicure (la philosophie la plus évidente et la plus cruelle aussi) qui lui, est le chantre d'un ascétisme et non d'un renoncement. On ne renonce pas aux plaisirs, on renonce à leur systématique accomplissement.
Ben voila, les gens qui ont tout pour être heureux ne le sont pas : ils sont aliénés à tout ce qui aujourd'hui compose une dépendance toute intéressante pour le commerce: les ordinateurs,les portables, les jeux dans leur plus grande diversité. De nouvelles dépendances, dit-on: une consommation qui est quasiment pathologique. Et nécessaire.
Je ne veux pas faire le procès de cette consommation. Je sais juste qu'en ayant un frère geek et étant moi même geek à mes heures, c'est quelque chose qui me culpabilise énormément.
Cette dépendance à mon ordinateur se conjugue avec un remords toujours présent (parfois l'objet de plaidoyer interminable de moi-même sur mon propre compte). Il faut que je trouve un moyen d'oublier que je pourrais faire "mieux", que j'aurai pu faire "plus".
Mais bon, qu'est ce que vous voulez, tant que je n'aurai pas touché le fond, alors je ne me remuerai pas. C'est ça le fléau d'une génération qui n'a pas à se soucier des guerres et de la faim: l'incapacité de se contraindre au courage le plus élémentaire: maîtriser sa propre destinée, le courage le plus minime: "faire des efforts".
Courage qui paraît bien ridicule dans certaines "contrées" ou le danger, la folie, le carnage est omniprésent. Pourquoi l'homme moderne est incapable, dans la majeure partie de ses représentants, de réveiller cette qualité vitale, cette qualité aujourd'hui si admirée (oui bien sûr on admire les héros qui savent se confronter aux pires difficultés lorsqu'on est incapables de vaincre les premières et sans doutes les plus absurdes: nos propres aliénations, notre propre paresse.
Quelle paresse ? la paresse physique (se réfugier dans des jeux de combat ou des jeux sportifs sur console ? La paresse physique pour celui qui ne veut pas se confronter aux autres aussi. La sociabilité passe bien sûr dans le mouvement que l'on entame et engendre en sortant de chez soi. C'est un effort qui peut paraître titanesque au plus grand timide...
Et bien sûr la paresse intellectuelle; Celle qui me pèse, personnellement, le plus. Se confronter à la lecture de journaux, de livres, à la discussion.
Lorsqu'on est comme moi, très attachée au regard de l'autre. Qu'on hésite sur la position à prendre, qu'on conçoit le débat comme un sujet à mystères et à problèmes insolubles. Prendre le risque de passer pour un ignorant (le savoir ou le pressentir) ou même de conformiste. Voilà l'enjeu. Culpabilité qui nécessite une confiance en soi. Confiance en soi qui demande documentation et détachement par rapport au jugement d'autrui.